Tag:papier crottin d éléphant

papier chiffonLe moulin extrait chimiquement la cellulose de divers végétaux : fougère, lavande, ortie, feuilles de tilleuls Une de ses fabrications est le papier à base de rafles de raisins (grappes) pour les étiquettes de bouteilles de vin de notre terroir (Cru CABARDES).
Une des innovations est la collaboration avec l'Observatoire Marin de Cavalaire qui travaille à la préservation des herbiers de posidonie, végatal marin. Le moulin a réalisé du papier de posidonie.

Tous nos papiers fabriqués au moulin à base de végétaux récupérés ne sont pas blancs. Il n'existe aucun végétal blanc dans la nature. Ils vont donc du beige au brun en passant par le gris vert. Le blanchiement pourrait se faire par oxygénation comme cela se pratique dans l'industrie papetière.

Depuis 1994, l'activité du moulin s'est orientée vers le papier traditionnel, fait feuille à feuille, à la main à partir des pâtes chiffon : lin, chanvre, coton ( papier chiffon ). En partant d'études et de brevet déposé en 1841 par le français Tripot, le Moulin à papier de Brousses réalise des papiers à base de cellulose extraite du crottin des éléphants. (papier pur crottin d'éléphant de l'Aude, grâce à la Réserve Africaine de Sigean). Le principe est simple : les herbivores non ruminants ne digèrent pas la cellulose contenue dans les végétaux ingérés, cette cellulose est systématiquement rejetée. Après délavage et traitement du crottin, la feuille de papier est réalisée.

 

« Dès 1841, M. TRIPOT de Paris avait déposé un brevet de fabrication du papier " à partir de la fiente de tous les animaux herbivores."
Cette idée est reprise par un belge, M. JOBARD : cet audacieux n'était pas un homme vulgaire ; il est mort directeur des Arts et Métiers de Bruxelles.
Il estimait que la paille et le foin avaient déjà subi une première trituration sous la dent et dans l'estomac des chevaux. "
Le crottin, disait-il, est en grande abondance : on peut obtenir de chaque cheval un kilogramme de papier par 24 heures ; une seule caserne de cavalerie suffirait à la consommation du Ministère de la Guerre. Il est étonnant que l'on n'ait pas songé plus tôt à cette matière …"
L'idée est exploitée un peu plus tard : une usine, située aux Portes de Paris, fabriquait du papier et du carton avec le fumier des chevaux des écuries impériales ! Certains papiers " bulle " en pâte demi-blanchie qui sortaient de ces ateliers étaient appréciés, paraît-il, pour envelopper la pâtisserie !* Le fumier de cheval ne fut pas le seul à tenter les esprits originaux au début de ce siècle : une gazette étrangère mentionne " un projet de papier dont l'élément principal serait le fumier de l'éléphant, lequel se compose uniquement, quant il a été lavé par la pluie, de courtes fibres mal digérées d'un bambou croissant dans le terreau des forêts vierges.
L'éléphant serait ainsi producteur, lessiveur et broyeur de pâte. Il constituerait un appareil automatique, se vidant et se remplissant tout seul, mobile et susceptible de s'installer partout, solide, car l'animal vit très vieux, pas cher, parce qu'il se vend presque pour rien avant d'avoir été dressé."*
Ce projet fantaisiste a-t-il eu quelque application ? L’histoire ne le dit pas ! »

* Albert CIM, "LE LIVRE" tome III
Extrait du livre : Papiers et moulins, des origines à nos jours
de Marie Ange DOIZY et Pascal
FULACHER EDITION TECNORAMA

A partir de cette étude, le Moulin à papier de Brousses dans l’Aude, produit, depuis 1995, du papier avec la cellulose extraite du crottin des éléphants de la Réserve africaine de Sigean.C'est le papier "pur crottin d'éléphant de l'Aude".

 
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