Je reserve
Catherine+Cappeau,+plasticienne

C’est à l'école des Beaux-Arts de Paris que son travail personnel avec le papier commence à prendre forme et sens.

Le papier

Il se coupe, se déchire, se compose, se manipule, se colle, se mélange avec d'autres et peut s'assembler avec la couture. Il est une matière au potentiel infini, aux ressources multiples. Il est aussi précieux qu’un livre ou un document rare.

En 2004 elle est accueillie par Le Moulin à Papier de Brousses et elle entre davantage dans l’expérimentation de la matière en détournant chacune des étapes de la fabrication. Elle joue sur la quantité de pâte diluée dans l’eau, introduit dans la pâte fraîche et fragile des textiles, des dentelles qui vont créer des reliefs, elle amplifie les « défauts-accidents » en créant volontairement des larmes de l’ouvreur (gouttes d’eau qui tombent sur la feuille quand le papetier enlève la couverte si son geste manque de maîtrise). Ces larmes laissent de jolies traces dans le papier, qui se verront en transparence. Elle mène aussi beaucoup de recherches en pressant les feuilles encore humides sur des formes, des fils métalliques en forme d’écritures …

Catherine Cappeau aime aussi explorer l’ambivalence du papier : il est éphémère, il semble être fragile, mais en couches épaisses il se transforme et devient résistant. De feuille légère, il devient matière solide.

De 2004 à 2016, elle passe 15 jours par an en résidence au Moulin à papier de Brousses pendant lesquels elle « questionne » la pâte à papier en inventant des manipulations, des associations, des colorations, des mises en formes, toujours soutenue par les papetiers. Ces temps fondamentaux d’expérimentation et de pratique engendrent de nouvelles idées, de nouvelles feuilles, de nouvelles robes.

2014 « La robe géante, l’aventure à plusieurs »

Cette longue résidence de trois semaines est une aventure humaine fabuleuse. L’idée est de créer une robe géante en dentelle de papier. Un défi dans la matière et dans la mise en œuvre qui va pouvoir être relevé grâce à une multitude de « petites mains féminines » qui vont venir aider avec constance et dextérité. Avec des ficelles trempées dans la peinture blanche elles créent des surfaces de boucles qui sont ensuite recouvertes de pâte à papier puis pressées et assemblées. La texture est riche, fine, variée, travaillée, évoquant LA dentelle. Pour terminer, Catherine et Laurence (la papetière toujours au rendez-vous) produisent des feuilles à jours variés… la forme est simple, évoquant LA robe, LA jupe.